Chanoine Henri HOLLEBECQUE : 1869-1894

Chanoine  Henri Hollebecque (1869-1894)

| L’ après guerre | Premier nettoyage de la Carpière
| De nouvelles classes | 9 juin 1891. Le jubilé du centenaire |

 

Dès le 9 août 1869 succédait au chanoine Crèvecœur son collaborateur direct, M. l'abbé Henri Hollebecque.

Né à Hondschoote, il fit ses études à Saint-Bertin, passa quelques années à Marcq comme professeur de 7e, puis fut nommé préfet à Saint-Joseph à Lille lorsque cet établissement ouvrit ses portes en 1850. Il revint à Marcq en 1861 où il resta jusqu'à sa mort qui surviendra en 1894.

La chapelle en 1869

Marcq, à cette époque, c'est la chapelle sans son clocher, le bâtiment de grande division et de vieilles remises. Nous sommes en septembre 1869, sous Napoléon III et dans quelques mois ce sera la guerre, la reddition de Sedan et la chute de l'Empire. Au cours de cette guerre, pourtant si rapide, le Collège perdit 17 de ses anciens:

Armand FOCKEDEY
Jérémie MESSEMACKER
Edmond BOUCLET de PREVILLE
Auguste LECOINTE des ILES
Ernest HERBAUT
Godefroy DUMORTIER
Auguste LUISSIEZ
Edmond LEMERRE
Aimé FIEVET
Charles MENU
Félix CORTYL
Alexis PLATEAU
Alfred MOTTE

Joseph CUVELIER

Jules BIGO
Léon FLIPO
Louis JOSSON

 

L'après-guerre est mal vécu, les difficultés financières demeurent. Le nombre d'élèves stagne : 231 en 1852, 250 en 1869, 270 en 1875.

La loi Falloux de 1850 a autorisé l'ouverture d'établissements secondaires libres. Roubaix et Tourcoing ont maintenant leur collège. En 1852, les prêtres de Saint-Bertin ouvrent l'institution Saint-Joseph à Lille. Les pères Jésuites, chassés de Metz en 1870, le reprennent et y accueillent des pensionnaires. Il est à nouveau question de vendre Marcq.

Il est malgré tout décidé de rouvrir le chantier de la chapelle. En 1850, Mgr Wicart en avait posé la première pierre. En 1852, le gros œuvre terminé, ce même monseigneur célébrait la première messe. En 1866, M. le Supérieur bénit la cloche. En 1872 s'achève la pose des vitraux. En 1874, la chapelle peut recevoir dix évêques de passage à Lille, pour la cérémonie du couronnement de Notre-dame de la Treille et, le 2 juillet 1884, Mgr Dennel, évêque de Beauvais, ancien professeur et préfet, y consacrera l'autel principal.



L’ après guerre

Bonne nouvelle : le 5 septembre 1888 s'ouvre une liaison qui, par traction à vapeur, réunit la porte de Gand au « pensionnat de Marcq », prolongée jusqu'à Tourcoing par Mouvaux et la gare des Francs; le Collège est maintenant correctement desservi.

Le tramway reliant Lille à Tourcoing en passant par le Collège de Marcq

" De mon temps, les capitalistes pouvaient pour cinq francs s'offrir un fiacre sur la place ou à la gare de Lille ; sinon, il fallait se confier à l'antique omnibus qui, toutes les heures, partait de la Grand'place, suivait à une allure modérée la route de Tourcoing et sans daigner venir jusqu'au Collège, laissait ses voyageurs au cabaret du Grand Saint-Martin, d'où ils devaient souvent barboter pendant dix minutes dans la boue pour parvenir à destination. Il y avait bien une autre ressource, mais réservée à des privilégiés :
c'était de trouver une place dans la vénérable carriole que conduisait chaque jour à Lille le commissionnaire du Collège, le légendaire Casimir. On arrivait bien, à condition de n'être pas trop pressé, car cet automédon plein de prudence avait, disaient les mauvaises langues, découvert sept collines dans l'avenue, et réglait en conséquence le pas de sa jument, qui ne prit jamais le mors aux dents. "
 

Chronique de Paul Fournien promo 1870.

 

Premier nettoyage de la Carpière

« Au commencement du printemps, je revois l’arrivée des pompiers pour vider la carpière et en nettoyer le fond » : souvenir d’un ancien de 1891

 


De nouvelles classes

Au cours de l’été de 1890, on rase de vieilles remises existant de part et d’autre des ailes du château (premier plan ci-contre) et l’on construit de nouvelles classes (ci dessous).Après la construction de cet ensemble, le bâtiment au premier  plan  sera abattu en 1934. Sa copie conforme existe toujours, elle abrite le C.D.I du collège.

Les vieilles remises rasées sont au premier plan

 Les classes réalisées en 1890




9 juin 1891. Le jubilé du centenaire

A l'assemblée des Anciens de 1890 :
Joie de nos quinze ans, lorsque nous revenons nous agenouiller dans cette chapelle sainte et bénie. Tous vous avez senti cette délicieuse impression. Aussi, quand nous nous sommes demandés quelle devait être la part des Anciens Élèves dans la circonstance de ce jour; quel devait être le meilleur témoignage de notre affection et de notre reconnaissance envers nos anciens maîtres de Marcq ; vous vous êtes tous écriés :
« Terminons la chapelle par un clocher monumental qui perpétue dans les âges futurs et notre foi et notre amour ! »

Discours de Paul Fournier (promotion 1870)

 

Une souscription est alors lancée et ce clocher sera en construction lors du jubilé cinquantenaire fêté le 9 juin 1891 en présence de 5 évêques et 600 anciens. Sous la pluie...

L'institution de Marcq-en-Baroeul en 1892 Achevé en 1892, voici l'Institution libre de Marcq-en-Baroeul à la fin du siècle dernier.

Le 15 décembre 1894 décédait M. le chanoine Hollebecque, le deuxième supérieur. L'Association conviait les Anciens à ses obsèques et leur demandait d'être présent en habit.

Quelques jours avant son décès, le 8 décembre, recevant les derniers sacrements, il avait dit aux élèves rassemblés près de lui : « Je crois que je me suis efforcé de servir Dieu de mon mieux. J'ai confiance qu'il daignera me recevoir dans sa miséricorde et j'espère que pas un de vous ne manquera au rendez-vous du Ciel. »

En 1895, fut élevée la grotte de Notre-dame de Lourdes, dans des conditions qui méritent d'être rapportées:
« Durant la dernière maladie de M. le chanoine Hollebecque, l'année précédente, la promesse a été faite à la Très Sainte vierge qu'on reproduirait la grotte de Lourdes dans le parc si l'on obtenait sa guérison. Mais dans sa pitié profonde, le bon supérieur demanda que le projet fût exécuté alors même que les prières seraient restées sans succès. ce généreux souhait ne tarda pas à être réalisé grâce au zèle industrieux d'un professeur M. l'abbé Paul Fourez, aujourd'hui curé-doyen de Mons-en-Pévèle. Une souscription sous forme de loterie amena rapidement les fonds nécessaires. »

Vieux Collège, octobre 1923

Il sera enterré à Hondschoote dans le tombeau de famille et un monument fleurdelisé sera érigé dans la chapelle et béni le 19 juillet 1867 en présence de l’archevêque de Cambrai et de l’évêque d’Arras.